Jour après jour, les médias nous assaillent de nouvelles pitoyables de l’économie qui boîte, crache et morve, qui fait tous les temps et surtout le mauvais. On voit la chute du dollar (pas si terrible puisque le nôtre a des ailes, sacré huard va), la chute des indices boursiers, les fermetures d’usines, les gros chars qui ne se vendent plus, bref l’économie qui débande.
Malgré la pluie de milliards que les gouvernement font tomber sur la gueule des boursicoteurs illuminés et des gérants de banque qui ont la poche sans fond, rien n’y fait, on nous dit que tout va mal, qu’il faut aider la phynance, qu’elle se porte mal, pauvre petite mère freluquette au chevet de laquelle il faut accourir à grands coups de toniques dopés à l’argent des contribuables.
Il est sans conteste rassurant de savoir que nos gouvernements ont effectivement le fric nécessaire pour aider ceux qui comptent vraiment, les boursiers, banquiers, assureurs et autres rentiers minables de ce monde, et qu’on ne perd pas notre argent à renflouer des flâneurs ineptes comme les artistes, les sans-abris, les monoparentaux et autres abuseurs du système. Ça réchauffe le coeur à voir.
Permettez moi de rappeler ici un concept fondamental de ‘Pataphysique et qui m’apparaît avoir toute la pertinence d’un Hummer sur les routes pour expliquer le présent état des choses. LA POMPE À PHYNANCE.
La pompe à phynance est l’outil économique préféré du Père Ubu, son petit Breton-Woods personnel, son cycle de Doha, si vous voulez. La pompe à phynance fonctionne d’ailleurs de paire avec la machine à décerveller, avec laquelle elle travaille selon le principe des vases communiquants. Le principe est simple: plus la pompe à phynance s’active, plus il y a de décervellage. Plus on décervelle, mieux la pompe à phynance se porte. Voici une illustration:

Le principe est vieux comme le monde, mais il est fascinant de voir à quel point il est toujours actuel. Que ne décervelle-t-on ces temps-ci pour tenter de réactiver la pompe à phynance. Ou, pour prendre la chose autrement, les efforts incroyables consentis sur notre dos à tous pour réactiver la pompe à phynance se font, sans conteste, à grands coups de décervellage, outrageusement médiatique. Et ça fait mal à l’intellect de ceux qui ont encore une dose de cynisme rancunier envers ces salopes de rentiers qui nous ont mis dans ce merdier.
Mais que faire devant un processus aussi vil et qu’on nous présente malgré tout comme nécessaire? Comment empêcher de renflouer des voleurs qui, après nous avoir fraudés, prennent notre argent collectif pour mieux se remettre sur pied et continuer leur besogne? Il n’est d’autre solution que la Gidouille combattante. Le temps est venu d’une révolution ‘pataphysique qui instaurera son ordre saucial comme un coulis à la gueule des parvenus, comme une botte au cul des souffreteux qui veulent nous fourrer avec une pissette molle.
Qu’on se le dise: devant tant de conneries présentées comme autant de nécessités, seul l’Absurde vaincra, seule la verve combattante saura gagner sur la raison instrumentale qui nous présente un ordre de domination comme l’ordre naturel des choses. VIVE LA ‘PATAPHYSIQUE LIBRE!