De l’ontologie de la barbe

Baron Castor

« J’ai laissé pousser ma barbe pour voir pourquoi on se laissait pousser la barbe. Et je n’ai rien trouvé qu’une barbe. La barbe est la raison de la barbe. »
- Boris Vian

La barbe est, avant toute chose, un état d’esprit. Véritable logorhée capilaire, elle confère une aura mystérieuse, quasi-shamanique à qui la cultive dans sa multidimensionalité. Barbe poétique, barbe éthérique, la barbe est d’abord intérieure, la rugosité des joues n’étant que la contingence parfois plus ou moins heureuse d’une racine beaucoup plus profonde de l’ethos du mec impénitent. Véritable lien unissant l’homme présent à sa remontance immémoriale, la barbe postmoderne s’affirme cependant aujourd’hui comme refus du lisse conformisme d’une société vidée de tout sursaut hormonal. Barbe à la face d’un monde mièvre et servile, vacciné et épilé, aseptisé à la dissidence de l’esprit insoumi. Barbe-bohème dans les marges du discours consensuel, insoumise au peigne de la pensée politically-correct. Barbe-révolte comme un trop-plein qui remonte au joues et jette ce cri par-devant le monde: BARBE TA FACE!


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